Le 25 février dernier Alexandre Reis et Alexandre Laverty faisaient déguster leur première récolte de riz 100 % breton. Aujourd’hui, l’expérimentation se poursuit avec de belles des perspectives de développement pour cette nouvelle agriculture en Bretagne.

Les perspectives d’avenirriz bis

Les résultats de cette première phase expérimentale menée par les 2 Alexandre s’avèrent à la fois positifs et instructifs. L’expérimentation s’est faite en sèche, mais en zone humide. Au final, c’est une semence italienne qui s’est finalement le mieux acclimatée en Bretagne. Pour mémoire, 7 variétés avaient été plantées, seulement 3 ont été récoltées et désormais il n’en reste qu’une. Fait étonnant cette variété qui est blanche partout, est devenue ici vert émeraude. Est-ce lié au climat, à la terre des faluns dans laquelle elle est plantée, à la proximité de la côte d’Émeraude et donc l’iode ? Pour l’instant le mystère reste entier, en tout cas elle affiche déjà clairement son territoire et aussi sa singularité gustative. Ce riz complet offre des saveurs cacahuète, vanille, et une texture proche du Quinoa, avec un cœur moelleux, tout en restant ferme à l’extérieur. Bref un vrai Breton

Cette toute nouvelle semence née en Bretagne va désormais être plantée sur 500 m², afin de poursuivre l’expérimentation. Des tests avec d’autres semences vont se poursuivre en parallèle. L’objectif à terme est de déposer un label et obtenir une AOP pour ce riz breton. Un riz complet, protégé qui pousse donc en terre de falun au cœur de la Vallée de la Rance et en culture biologique.

Côté rendement

Il faut aujourd’hui 4 kg de semence de ce riz breton pour 1 hectare planté, le rendement est de 1.3 tonnes. Dans les autres zone de productions en zones immergées, aujourd’hui il faut entre 70 et 80 kg de semence/hectares pour 2 à 5 tonnes de rendement, en culture bio comme c’est le cas sur le riz breton.

Le rendement en Bretagne est donc proportionnellement de 7 à 11 fois supérieur, sur la même variété. Les perspectives de développement sont réelles, pour proposer un riz d’exception, loin des modèles industriels. Un riz responsable cultivé en zone humide, qui préserve au passage son écosystème. Cette expérimentation réussie ouvre donc la voie à une nouvelle agriculture, de nouvelles ressources économiques et donc de l’emploi.

Alexandre Reis espère dès cette année améliorer ses quotas, riche d’une bonne expérience sur ces terres déjà cultivées.

Développer un riz breton, l’incroyable défi

Alexandre Reis est un exemple de reconversion et de passion. Cet homme, habité par les valeurs de la terre, a commencé des cultures expérimentales dans le but de développer une semence de riz qui puisse être cultivée en Bretagne. Grâce à des paysans ingénieurs agronomes Italiens et Asiatiques qui lui ont confié plusieurs variétés de semences, et aussi par le biais du CFR (centre français du riz) il souhaite expérimenter, acclimater et faire labelliser une semence de riz spécifiquement adaptée aux spécificités bretonnes. L’expérimentation est prévue sur 3 ans. À terme, Alexandre Reis et son associé Alexandre Laverty ont pour objectif d’obtenir une semence de riz assez résistante et de la faire labelliser.

Ambassadeur de la marque Made in Dinan

Alexandre Reis est passionné par son métier, la terre, les gens, mais aussi la Bretagne. Cet autodidacte animé par des valeurs humaines fortes et l’envie de proposer des produits de qualité s’est senti en accord avec Made in Dinan. « Le respect du travail et de tous les acteurs est essentiel. Made in Dinan offre une belle représentation de la diversité du territoire. Les ambassadeurs se fédèrent et vont de l’avant ensemble pour valoriser et représenter la région dinannaise. Il était important pour moi de développer des produits à la hauteur de Made in Dinan. » Si son parcours peut parfois s’assimiler à un combat pour relever les défis qu’il s’est lancé, Alexandre Reis a pu trouver des appuis et des soutiens dans ses démarches, une véritable symbiose nécessaire à la réussite de ses projets.